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Svet-Ake



Une petite perle SVET-AKE, c'est d'abord une belle fable, qui nous émeut avec ce personnage attachant qu'est ce «Monsieur Lumière», sorte de Robin des plaines kirghizes. Une belle fable, parce qu'elle est simple et met en scène des personnages emblématiques, parce qu'elle nous parle de morale, presque à chaque séquence. Il y a, bien sûr, le héros, le «voleur» de lumière, qui estime que celle-ci devrait être à la portée de tous, même des plus pauvres. Il y a aussi Esen, le maire du village qui s'arcboute à défendre sa communauté contre les appétits des nouveaux riches venus de la ville.

En face d'eux, on trouve ceux qu'on pour-rait définir comme les tenants de la «marche vers le progrès», entendez par là vers le libéralisme économique où ceux qui ne peuvent, ou ne veulent, payer sont laissés de côté, voire baston-nés. Beksat, le candidat nouveau riche est de ces partisans du progrès, arrivant vertueux et la main sur le coeur, mais escorté d'assistants qui ressemblent plus à des mafiosi qu'à autre cho-se. Mansur, un ami d'enfance de Svet-Ake, cousin de Beksat, est nommé maire, à la mort d'Esen, alors que ses qualités sont plus spor-tives, c'est un cavalier émérite, que politiques. Sa naïveté serviront les desseins de son cousin.

Ainsi, Aktan Arym Kubat nous brosse, en quel-ques traits, le paysage d'une communauté qui pourrait bien être le Kirghizstan. Le réalisateur a su, en effet, exprimer en quelques plans épurés la réalité des campagnes de là-bas, donnant aux personnages une existence véritable qui permet aux spectateurs d'avoir une idée de la vie au Kirghizstan aujourd'hui. Cependant, on aurait tort de limiter le propos du film au seul Kirghiz-stan. Ne parle-t-il pas aussi d'énergie renouvelable, débat qui occupe aussi nos sociétés occi-dentales? Une petite perle cinématographique.
Martial Kaebel