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Récréations

Récréations
F 1992 95'

Réalisation: Claire Simon
Image: Claire Simon
Son: Dominique Lancelot
Montage: Susanne Koch
Musique: Pierre-Louis Garcia, Pierre-Louis Garcia
Production: Les films d'ici


Internet:
Doriane Films

Les films d'ici






"Il y a une chose qui m'a amené à faire ça. En vacances, j'avais un caméscope vidéo 8 et ma fille était très petite. Elle était avec une amie, une copine qui avait son âge. Je les ai filmées un jour en train de jouer toutes les deux. Elles croyaient beaucoup à leurs jeux et elles m'ont laissées filmer. C'était extraordinaire, c'était magnifique. Je me suis dit que ce serait vraiment très beau d'arriver à filmer ça davantage. Après, quand je l'amenais à l'école, je voyais dans la cour, des choses qui me rappelaient tous mes sentiments. Je voyais que les enfants se montraient entre eux, sans s'en rendre compte, des sentiments extrêmement forts que nous avons tendance à cacher, enfin pour moi, à force, je cache les sentiments dont j'ai honte. J'ai été très émue par ça, par ce que je voyais. J'ai l'impression qu'il y avait tous les sentiments du monde dans la cour de récréation. Que la cour de récréation était un espèce de lieu philosophique, un lieu d'abstraction totale où on pouvait voir tout ce qui allait se jouer dans le monde."
Claire Simon

"Dans la cour d'une maternelle de Montmartre, Claire Simon s'est tranformée en 1992 en un drôle de Gulliver, réalisant le rêve de tout cinéaste: redécouvrir un monde perdu, mystérieux et qui fait pourtant partie de la mémoire de chacun. Le film RECREATIONS c'est cinquante-quatre minutes d'exotisme, même pour ceux, enseignants, qui croient connaître cet univers-là. Nous avons recueilli ses impressions: "Les enfants me voyaient, mais il y avait un contrat. Je n'intervenais jamais ni dans leurs jeux, ni dans leurs conflits. Ils ont compris que je n'étais pas un bon camarade de jeux, et se sont remis à vivre leur vie sans être troublés par ma présence. Je voulais filmer leurs histoires, leurs relations, mais aussi leurs pensées, leurs sentiments. Je le leur ai dit clairement. Pendant un mois et demi, j'ai filmé une récréation par jour, en m'interdisant de sortir de la cour. C'était la fin de l'année, les enfants se connaissaient bien. Il n'y a pas de vraie violence dans ce film, sauf sans doute la répétition pénible des razzias organisées contre un garçon qui ramassait des bâtons, et qui était véritablement persécuté, empêché toujours d'achever sa collecte comme il l'entendait. Les adultes étaient là, mais je n'ai rien filmé de leurs interventions... J'ai redécouvert la topographie affective d'une cour, ces endroits minuscules que les adultes ne voient jamais, telle grille d'arbre, telle barrière métallique, tel renfoncement dans un mur, qui deviennent des mondes. C'est en cela que ce film ressemble à un western. La cour est un territoire nouveau, de conquête, de danger, de découverte et de conflits, et certaines scènes sont vraiment des scènes de la Conquête de l'Ouest. Les enfants s'y posent une vraie question philosophique: que peut-on faire à partir d'un territoire donné? C'est le territoire de leur avenir. Quand "ça sonne", ça vient vraiment de l'autre bout du monde. Je crois que les enfants sont plus beaux à filmer que les adultes. Ils sont entiers. Quand on filme un adulte, on voit trop le contrôle, la séparation de la tête et du reste du corps. Et les enfants ne sont pas narcissiques, ce qui les intéresse c'est ce qu'ils font."
René Marx, Fenêtre sur cour

"Il faut sauver le soldat Cédric. Ou Mamadou, ou Morgane, parce que c'est la guerre, très dangereuse, là, dans la cour de la maternelle. Là où, reporter attentive dotée d'une petite caméra vidéo, Claire Simon est descendue, filmant en se faisant oublier des enfants. Et alors on voit le déésir et la peur, la phobie et la violence, ce qu'il y a de plus animal et ce qu'il y a de plus humain, de plus civilisé - le meilleur et le pire - dans les comportements."
Le Monde

"Récréations est devenu un film culte, objet de référence pour les instits et les psychologues."
Libération