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Les choristes







En 1948, Clément Mathieu, professeur de musique sans emploi accepte un poste de surveillant dans un internat de rééducation pour mineurs ; entre délation et sévices corporels, le système répressif appliqué par le directeur, Rachin, bouleverse Mathieu. En initiant ces enfants à la musique et au chant choral , Mathieu parviendra à transformer leur quotidien.

"Par rapport à ce cinéma conçu pour le grand public, mais qui ne se limite pas au simple diverissement, le film de Christophe Barratier semble plutôt rester en retrait. Mais la meilleure explication de son succès, au-delà de la nostalgie sur laquelle il joue -- beaucoup de ses spectateurs, sans doute, ont eu dix ans dans les années 50, ou ont entendu leurs parents parler de leur enfance et de la façon dont ils ont vécu cette période --, est peut-être le fait qu'il évoque une possible réconciliation dans la musique, et une activité (le chant choral) que pratique ou apprécie toute une partie du public, qui peut dés lors se reconnaitre dans cette évocation. La musique angélique et lumineuse de Bruno Coulais, chantée par une chorale d'enfants, baigne en effet tout le film. Cette musique intemporelle achève d'idéaliser l'histoire, de faire oublier tous les côtés sombres que l'enfance revêt dans tant d'autres oeuvres. Et LES CHORISTES devient alors un conte qui permet d'oublier les tourments et les désirs des individus, et les inquiétudes de la société actuelle, pour s'abandonner au plaisir que procure une création collective, un peu désuète, mais si joliment consensuelle: la musique chantée par le choeur des enfants, mais aussi le film lui-même."
Catherine Raucy, Ecrits-vains

"Gérard Jugnot n'est pas Whoopi Goldberg, et même si l'internat ressemble à un couvent, le gospel fait place ici aux harmonies de ce compositeur amateur. Dans la réalité, les chansons ont été créées par Bruno Coulais et Christophe Barratier, avec le souci de composer des oeuvres modestes, qui puissent être composées par un amateur, mais néanmoins harmonieuses et belles à l'oreille. C'est la grande force de ce film que d'allier la douce comédie, la sourde tragédie et un discours humain sous l'aile de la musique. Christophe Barratier, dont c'est le premier long métrage, étant lui-même un musicien accompli.
La grâce musicale et celle naturelle des enfants traverse donc Les choristes qui trouve véritablement son « coeur » dans le personnage de Clément Mathieu. Habitué au rôle de français moyen, tantôt héros discret tantôt raclure qui se découvre un coeur, Gérard Jugnot apporte sa débordante humanité. Comme souvent, comme par exemple dans Scout toujours, Jugnot, sans forcer, rend attachant ses personnages de perdants qui, de par l'influence qu'ils ont pu exercer sur la vie des autres, n'ont pas tout à fait tout perdu."
Allessandro di Giuseppe, Le quotidien du cinéma