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Gori Vatra




Pjer Zalica Bosnia 2003 105'

Tesanj, petite ville de Bosnie où la sombre réalité le dispute à l'image d'Epinal: des habitants humbles, ouverts et chaleureux, une vie souriante, une place du marché, la tradition, les relations de bon voisinage. Voilà pour les apparences. Derrière cette surface polie se cachent pourtant l'intolérance ethnique, le crime, la prostitution et la gangrène de la corruption. Soudainement, l'annonce de la visite imminente du président américain Bill Clinton à Tesanj propulse la petite communauté dans l'euphorie: sous le feu des projecteurs de la communauté internationale, la petit ville s'attend à l'arrivée massive de capitaux étrangers, promesses de bien-être et de prospérité.

Le président américain n'a-t-il pas accepté de devenir le parrain de la bourgade? Reste que pour que le rêve devienne réalité, Tesanj doit se débarrasser de sa part d'ombre. Sous la supervision et avec l'aide des observateurs internationaux en place dans la région, la petite ville bosniaque entame alors un contre-la-montre haletant qui ne lui laisse que sept jours pour improviser une démocratie et ressembler à la petite ville paisible qu'elle est supposée être! Et toute la communauté de Tesanj de basculer dans la folie, tour à tour douce et furieuse, à mesure que tourne l'horloge: les prostituées se transforment en meneuses de revue à la gloire de la diversité religieuse et culturelle, les pompiers montent un orchestre dans l'urgence et l'on exhume le drapeau de la commune, revu et corrigé à l'américaine pour la circonstance.

Pjer Zalica signe un film alerte et poétique où l'ironie rivalise avec la tendresse pour décrire le sordide et le cynisme d'une Bosnie au sortir de la guerre. Il y a en effet quelque chose de souriant dans l'horreur que décrit le réalisateur. Grinçant, mordant, ce ton très particulier est emprunt de la mélancolie douce amère propre aux meilleures tragi-comédies.