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La vie en deux



Frédéric Baillif CH 2009 75'

Le vrai visage des trentenaires célibataires lorsque Frédéric Baillif croque ses potes «singles» avec émotion et beaucoup d’humour.

Voilà, ça c’est moi. Je m’appelle Fred, j’ai 34 ans et je suis célibataire.
Il y a quelque temps, j’ai pris une grosse baffe et je commence à peine à m’en remettre.
Il y a dix ans, j’étais basketteur.
Quand on est basketteur, la vie c’est pas compliqué : on doit mettre plein de paniers.
À 34 ans, on met moins de paniers et la vie, eh ben, elle est légèrement plus compliquée.
Enfin bref, je disais donc que j’étais égoïste… célibataire. Et libre.
Je ne dois rien à personne.
Je fais ce que je veux.
Comme je veux.
Y’a juste un léger problème et ça, c’est le problème de tous les célibataires : le dimanche…
Ce fameux dimanche où on s’emmerde… et où on a tout le temps de ruminer.
Pourquoi je suis tout seul ?
Est-ce que ça va toujours être comme ça ? …
Heureusement, des célibataires de mon âge, y’en a plein….
Fred

Un homme, la trentaine, seul dans son appartement genevois, fait sa lessive puis mange des tortellinis, écouteurs sur les oreilles, face à son ordinateur. Il est dimanche, il est célibataire. Cet homme, le réalisateur, s’interroge en voix-off sur le célibat, ce fait de société qui gagne de plus en plus de trentenaires. Il lui suffit de regarder autour de lui. Que ce soit le fruit d’une désillusion, d’un schéma comportemental répété à l’infini ou d’une rupture lourde à digérer, la plupart de ses amis peinent à trouver un partenaire. Évitant les longs discours et la galerie de portraits, le film croque ces célibataires dans des moments révélateurs – la trentenaire bobo qui achète des pivoines au marché le samedi matin avant de lire son journal sur une terrasse ou la bande de copains en week-end dans le sud avec pour programme, picole et bonne bouffe – et pénètre une part de leur intimité sans jamais se faire voyeur. Car les protagonistes ont tous en commun d’être des proches du réalisateur. Il les connaît, il sait les filmer. Avec pudeur et humour.
Dans la même énergie que GEISENDORF (VdR 2006, Prix Helvétiques), Fréderic Baillif réussit dans LA VIE EN DEUX à donner un visage au célibat et, loin de la sociologie et de la psychologie, à mettre des images et surtout de l’émotion sur ce vulgaire «état civil». Et quand un de ses potes confesse: «lors de la dernière séparation, je pleurais dans la voiture, au volant, avec de la musique triste», on mesure alors toute la justesse de son approche.
Visions du Réel Nyon 2009