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Daniel Schmid (1941-2006)

6.8.2006

Texte

Le réalisateur Daniel Schmid est mort. Il est décédé cette nuit d'un cancer. Le rêveur des cinéastes suisses a fait 1999 son dernier film BERESINA qui a eu unn grand succès auprès du public. Il a été montré a Cannes et à Locarno. La même année, il a reçu un léopard d'honneur à Locarno pour l'ensemble de son oeuvre (Tages Anzeiger online).
Les films de Daniel Schmid sont des rêves qui dépassent la réalité du cinéma grand public. Les personnages vivent dans un monde parallèle et dans leur mémoire. Dans HECATE un employé d'ambassade en Afrique de Nord se perd avec son amante. Dans HORS SAISON le narrateur, fils d'hoteliers comme le réalisateur, tourne son regard vers la belle époque du grand-hôtel aujourd'hui fermé. Même dans son film populaire BERESINA, Daniel Schmid nous provoque avec l'utopie de la fin de la Suisse. Dans le documentaire, Schmid se distingue par la finesse avec ses protagonistes, soit dans l'asile des chanteurs d'opéra retraités dans BACIO DI TOSCA soi avec le théâtre japonais dans THE WRITTEN FACE. Cet hiver encore, Daniel Schmid a commencé à tourner un film (JULIA DISAPPEARS), mais a dû arrêter le tournage à cause de l'avancement de sa maladie.
"Daniel Schmid populaire? Pas toujours. Mais de qualité, sans cesse et avec exigence. Trop malade ces derniers mois, le cinéaste n'avait eu ni le temps ni l'envie de saupoudrer de son piquant les débats qui agitent la politique culturelle en matière de cinéma suisse. Pour Gérard Ruey, le producteur lausannois de LA LISTE DE CARLA, c'est aussi cela, l'esprit de Daniel Schmid et ses opinions, qui feront cruellement défaut au cinéma suisse. «Aujourd'hui, alors que nous vivons une perte de repères généralisée, la disparition de Daniel est dramatique. Je me souviens d'avoir vu son premier film, HEUTE NACHT ODER NIE en 1972: j'avais été si impressionné que j'avais loué, à l'époque, des copies du film en 16 mm pour le projeter dans ma cave, à tous mes copains. Plus tard, je l'ai connu et côtoyé. Il était à l'image de ses films: généreux.» (Thierry Jobin, Le Temps)