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Absolut

Absolut (Lücke im System)

CH 2004 90'

Réalisation: Romed Wyder
Scénario: Romed Wyder, Yves Mugny, Maria Watzlawick
Image: Denis Jutzeler
Son: Martin Stricker
Montage: Orsola Valenti
Musique:: Bernard Trontin, The Young Gods
Production: Paradigma Films SA
Avec: Vincent Bonillo, Irene Godel, François Nadin, Delphine Lanza, Ulysse Prévost, Véronique Mermoud

Romed Wyder 2004 90'

ET SI UN JOUR, 2 PIRATES INFORMATIQUES PENETRAIENT AU CŒUR D'UN RESEAU FINANCIER ?

Le jour où Alex tente de poser un virus informatique dans une banque, un accident de voiture lui fait perdre la mémoire. En se réveillant à l'hôpital, on lui apprend qu'il est resté deux jours dans le coma. Que s'est-il passé?

ET S'ILS DECIDAIENT D'Y PLACER UN VIRUS ?

Alex suit une thérapie, afin de recouvrir ses souvenirs de la journée de l'accident. Pour lui, visions et réalité se confondent en un noeud extrêmement troublant. Alex tentera de s'en extirper, d'autant plus que ce qu'il découvre s'avère plutôt inquiétant…

ET SI LE MEME JOUR, L'UN DES PIRATES AVAIT UN CURIEUX ACCIDENT ?UN ACCIDENT QUI LUI FERAIT OUBLIER LES DERNIERES 24 HEURES…

Propos du réalisateur

Les adversaires du système capitaliste et ses défenseurs utilisent bien souvent les mêmes méthodes pour arriver à leur fin. Un acte peut être considéré terroriste ou nécessaire à la défense. Dès lors, la question de qui est le terroriste n'est qu'une question de point de vue.

ET SI LA CHASSE NE FAISAIT ALORS QUE COMMENCER, DANS SA VIE, DANS SA TETE ?

L'installation d'un virus informatique qui perturbe les transactions financières est couramment considérée un acte terroriste. ABSOLUT raconte l'histoire du point de vue d'Alex, l'activiste qui installe le virus. S'identifiant avec lui, le spectateur se trouve du côté du « terroriste », sans jamais avoir l'idée de l'appeler ainsi.

ET SI JAMAIS PERSONNE N'AVAIT ENTENDU PARLER DE TOUT ÇA ?

Afin de rendre le spectateur actif, le récit de ce thriller politique est construit de façon non linéaire. Tel un puzzle, il oblige le spectateur à assembler les pièces du récit, ce qui donne par ailleurs au film une dimension ludique.

ET SI ÇA S'ETAIT POURTANT PASSE, EN SUISSE, IL N'Y A PAS SI LONGTEMPS…

Cependant, l'histoire racontée dans ABSOLUT est sérieuse car basée sur un témoignage accablant. Pour protéger le témoin et pour des raisons juridiques, le récit a été adapté de sorte à ce que l'on ne puisse plus identifier les personnes et institutions impliquées.

En effet, malgré toutes les recherches menées, aucune preuve irréfutable de la véracité de ce témoignage n'a été trouvée. Mais finalement cette question devient secondaire, car toutes les pistes trouvées ont montré qu'une telle histoire est absolument plausible et qu'elle aurait sans doute été étouffée.

Le film ABSOLUT s'accompagne d'un site Internet très complet. Y figurent des explications sur la genèse du projet, une partie des recherches menées pour vérifier le témoignage, ainsi que des liens vers d'autres sites contextuels. Il permet de replacer le récit dans la réalité et demande au spectateur et internaute de se positionner.

"Absolut jongle sans peine d'un genre à l'autre, et ce avec brio. Drame et câbles, voltige informatique sur haute finance, un film pour une histoire au seuil du vrai, thriller politique où l'oeil et la tête se vident à mesure qu'on progresse. (...) Outre son prétexte alter-mondialiste high-tech, la force du film est sa gestion du doute, son questionnement du réel. Peut-être Romed Wyder est-il fan absolu(t) de Cronenberg ? Il s'épargne en tous cas certains de ses défauts. Si l'on hésite, si l'on ne sait pas, cela ne dure jamais trop ni pas assez longtemps : on se raccroche toujours au sol. Au dernier tiers, Fred, le deuxième hacker, disparu depuis l'amnésie, resurgit soudain pour recentrer l'intrigue. A cet instant du film, le retournement de l'infirmière et ce dernier trio improvisé pêchent un poil d'invraisemblance. Reste une idée, sans doute très en amont du projet de Wyder : attaché case, cuir noir, course poursuite en vieille Chevrolet au milieu des montagnes : un clin d'oeil très bien mis en scène. Le film noir de sortie, on imagine la fin. Et bien non. Dernière petite pirouette en stock, Romed Wyder nous refait le coup du réel. Camera fixe et sans décor, un visage d'une femme dont on ne voit rien sinon les cheveux blond, éclairés par le dessus. Un éclairage mutin pour, le sourire en coin, affirmer la suprématie du réalisateur. Entre vrai cinéma et fausse confidence, fausse vraie réalité d'un vrai faux film de genre, Romed Wyder s'amuse et manie de fort belle façon l'équilibre. Et puisqu'il garde les derniers mots du film, retournons lui pareil. Ok. Merci.
Stéphane Mas, peauneuve.net

"Romed Wyder sort un film jubilatoire sur l'action directe et le G8 à Genève. Le réalisateur Suisse en profite pour signer l'un des rares thrillers romands. Un réalisateur, ça regarde le ciel. Et quand il fait beau, ses sentiments sont mêlés: le soleil, c'est mauvais pour les entrées. Surtout quand on signe un film suisse. Pourtant, Romed Wyder pourrait bien en appâter plus d'un. Son ABSOLUT est suisse, il est vrai, genevois de surcroît, mais il est un portrait jubilatoire de l'action directe et une incursion étonnante dans le genre. Thriller helvétique, la juxtaposition est pour le moins inhabituelle, presque comique. "
Sandra Vinciguerra, Le Courrier