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A bout de souffle



Dans la grande Histoire du Cinéma mondial, il y a 1958 et 1960. Avant et après. C'est, bien entendu, le milieu qui compte. Un vrai phare dont le rayon porte loin, très loin, à l'infini: l'année 1959.

Cette année là, deux films changent la face du Cinéma et le devenir de bon nombre de futurs très grands réalisateurs (Spielberg, Scorcese, Jarmush, Carax, Wong Kar-Wai, pour ne citer qu'eux). Les deux films sont français, tous deux en noir et blanc,tous deux écrits par deux copains des "Cahiers du Cinéma".Le premier, LES 400 COUPS, est signé François Truffaut, le second, A BOUT DE SOUFFLE, Jean-Luc Godard (sur une idée de Truffaut).

On appelle ça "La Nouvelle Vague" (dont un autre grand prêtre, Claude Chabrol, qui avait ouvert le bal avec LE BEAU SERGE, est conseiller technique sur le film de Godard). Et cette vague, trente ans plus tard, n'a toujours pas fini de briser son rouleau et de tout emporter sur son passage.

Oui, A BOUT DE SOUFFLE n'a rien perdu de son éclat, ce qui reste le propre de tout vrai joyau.

Ce film est demeuré tel qu'au premier jour, un miracle, électrisé par un de ces couples de légende que le Cinéma aime à nous réserver parfois:

Jean-Paul Belmondo, sa clope aux lèvres, son chapeau à la Bogart de guingois, sa gouaille, son je-m'en-foutisme, sa muflerie, sa lippe, ses moues-pour-rire, son doigt passé sur les lèvres, comme Humphrey, encore lui...

La délicieuse Jean Seberg, jeune Américaine de 21 ans, ses cheveux coupés courts, très courts, ses deux tenues au choix, t-shirt moulant (" Pourquoi ne portes-tu jamais de soutien-gorge ?" lui demande Michel /Bébel), pantalon-corsaire, ballerines, ou robe évasée à rayures...

Le voyou et la sirène...

Ils resteront uniques, on les aime tant !

Ecrans pour les nuits blanches