Ramuz Cinéma (DVD)


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DVD5 7 DVD plus livret
PAL 16:9 et 4:3

Langues:Français
Sous-titres:-

Derborence Francis Reusser (1984, 90')
Si le soleil ne revenait pas Claude Goretta (1987, 112')
La guerre dans le Haut Pays Francis Reusser (1998, 110')
La Vallée des Ormonts (le Haut Pays) et sa population sont restées fidèles aux Bernois qui leur ont garanti une relative autonomie politique et un status fiscal favorable. L'histoire se déroule durant les jours qui prédèdent la chute de Berne et la victoire franco-vaudoise sur les réfractaires ormonans.
Jean-Luc persécuté Claude Goretta (1966, 92')
Adam et Eve Michel Soutter (1983, 64')
Louis Bolomey rentre du travail, il trouve une lettre: il avait perdu sa mère, voilà qu'Adrienne, sa femme, le quitte. Il est étourdi par le coup. Il cherche à comprendre: pourquoi la maladie, pourquoi la séparation, pourquoi cette malédiction qui nous poursuit depuis le début du monde? Pourquoi le désir? Gourdou lui donne une explication.
Rapt Dimitri Kirsanoff (1933, 78')
Ramuz, passage d'un poète Alain Tanner (1961, 26')
Vagabondages Francis Reusser,Jean Reusser,Emmanuelle de Riedmatten (2006, 21')
Le coffret de 7 DVD réunit une sélection de films adaptés de l'oeuvre romanesque de C. F. Ramuz.

DERBORENCE de Francis Reusser
SI LE SOLEIL NE REVENAIT PAS de Claude Goretta
LA GUERRE DANS LE HAUT PAYS de Francis Reusser
JEAN LUC PERSECUTE de Claude Goretta
ADAM ET EVE de Michel Soutter
RAPT de Dimitri Kirsanoff (le plus beau films suisse d'avant-guerre)
RAMUZ, PASSAGE D'UN POETE d'Alain Tanner

En supplément, VAGABONDAGES de Francis Reusser, ainsi que les fragments des films inachevés DERBORENCE (1946) de Mattia Pinoli et LE REGNE DE L'ESPRIT MALIN (1956) de Guido Würth.

DERBORENCE



A Derborence, au XVIIe siècle, la montagne s'écroule, ensevelissant sous d'énormes blocs de rochers un groupe de chalets. Antoine Pont, un berger miraculeusement épargné par le cataclysme, réussit à remonter à l'air libre après plusieures semaines d'efforts. Au moment de l'éboulement, Antoine parlait au coin du feu avec le vieu Séraphin, tout en réalisant qu'il l'aimait comme un père. Lorsqu'Antoine redescend au village, en haillons, amaigri et méconaissable, les habitants le prennent d'abord pour un revenant, puis l'acueillent et le réintègrent dans la communauté. Mais lui, ne pouvant oublier Séraphin resté sous les pierres, n'a qu'une obsession: aller sous le chaos d'éboulis afin de le sauver. Il perd la raison et repart seul vers le lieu du drame. Thérèse, sa femme enceinte, l'y suit.

En compétition internationale à Cannes 1985

SI LE SOLEIL NE REVENAIT PAS



"Car, même au gros de l'hiver, même dans ces villages où le soleil ne se montre pas de tout le jour, rien n'est plus beau à voir, d'ordinaire, que la pureté du ciel et l'éclat de la neige. Même ici où on ne voit pas le soleil pendant six mois, on le sent qui est là, derrière les montagnes, et envoie en délégation ses couleurs, qui sont le rose pâle, le jaune clair, le roux, dont un pinceau minutieux revêt autour de vous les pentes. La neige sur les toits est comme du linge qu'on vient de passer au bleu; elle est sur les côtés des toits comme des piles de draps de lit pliés en quatre dont on voit les épaisseurs lesquelles débordent; et la masse dépassant, de temps en temps, se rompt et tombe, avec un bruit d'écrasement, comme un fruit mûr. La neige est à la point des pieux comme des bonnets en laine d'agneau. L'air est à la fois immobile et animé d'un mouvement secret; il ne se respire pas, il se boit. "
C.F. Ramuz


Niché dans le creux d'une haute vallée, un petit village valaisan ne reçoit jamaiks directement le soleil d'octobre à avril. En 1937, alors que la radio fraîchement installée au café diffuse des nouvelles alarmantes sur la guerre civile en Espagne, les habitants de la communauté prennent de plus en plus au sérieux les prédictions d'Anzévui. Ce vieil homme, guérisseur, lit d'anciens livres et répète que cette année le soleil disparu ne reviendra pas au printemps. Selon lui, les chiffres annoncent qu'une nuit éternelle tombera prochainement,, entraînant de terribles conséquences. Cette menace bouleverse le comportement des villageois. Certains se révoltent, d'autres se résignent, les jeunes se moquent du vieillard et de ses prédictions. Seule la rayonnante Isabelle résiste et refuse de croire à la fatalité.

LA GUERRE DANS LE HAUT PAYS



La Vallée des Ormonts (le Haut Pays) et sa population sont restées fidèles aux Bernois qui leur ont garanti une relative autonomie politique et un status fiscal favorable. L'histoire se déroule durant les jours qui prédèdent la chute de Berne et la victoire franco-vaudoise sur les réfractaires ormonans. Dans ce combat d'idées, David Aviolat, dont le père est un conservateur dur, partisan de la Loi civile et religieuse, aime Julie Bonzon, une jeune fille née d'un père progressiste et d'une mère ancrée dans la tradition paysanne. Le conflit père-fils et la dualité amour-politique constituent la trame de ce récit tragique. David mourra abatu par son père dans l'ultime bataille que les Révolutionnaires mènent victorieusement, conduits par le jeune homme en direction du village par les cols qu'il connaît.

JEAN-LUC PERSECUTE



Soupçonnant que sa femme Christine le trompe avec Augustin, Jean-Luc part vivre chez sa mère avec leur fils. Deux mois plus tard, il rejoint son épouse et peu à peu lui pardonne. Bonheur éphémère: Christine continue à fréquenter Augustin. Elle attend même sans doute un enfant de lui. Fou de rage, Jean-Luc la chasse, reste seul avec leur fils Henri et sombre dans l'alcoolisme. Lorsqu'Henri meurt tragiquement, la folie frappe son père. Dès lors, Jean-Luc se promène du matin au soir en parlant à un fils imaginaire. Les villageois perplexes s'habituent peu à peu à son étrange comportement. Un jour, Jean-Luc aperçoit Christine allaitant son deuxième enfant. Jaloux à l'extrème, il lui conseille de fuir le plus rapidement possible, mais elle ne prend pas sa menace au sérieux. Jean-Luc se venge en enfermant Christine et son second fils dans une grange à laquelle il met le feu. "Vous ne l'aurez pas!" crie-t-il aux villageois avant de se précipiter dans le vide du haut d'une falaise.

ADAM ET EVE



Louis Bolomey est désespéré par le départ de son épouse Adrienne, qui l'a quitté après six mois de mariage. Il la cherche partout et questionne les habitants du village. Le vieux Gourdou lui conseille de chercher la réponse dans la Bible. Bolomey s'enferme alors chez lui et passe ses journées àlire pour trouver l'explication, ce qui inquiète la jeune Lydie. Elle décide d'aller le raisonner et finit par passer la nuit chez lui. Cependant Bolomey la repousse très vite et, dans l'espoir d'un prochain retour d'Adrienne, refait tout son jardin et achète le veix gramophone du café. Avec l'aide de Lydie, il l'encourage à réintégrer le foyer et ka fait entrer dans son jardin. Les retrouvailles sont brèves car, dès le lendemain, Bolomey réalise à quel point la fuite d'Adrienne l'a blésse.

RAPT



Tout sépare les pâtres de l'Oberland bernois deds habitants d'un petit village valaisan: costumes, moeurs, langue, religion, et surtout la montagne, dont le col n'est praticable que quelque mois par l'année. A la fin de l'été, le valaisan Firmin enlève Frieda, uen jeune bernoise qu''il a aperçu au sommet du col. Inquiétépar cette absence prolongée, le frère de Frieda part à sa recherche et se tue. Silencieusement amoureux, Firmin séquestre Frieda. Lorsque le colporteur lui apporte les nouvelles de son pays, cette dernière prépare sa vengeance. Elle convainc Mânu, l'idiot du villlage, d'incendier les mazots le jour de son évasion, alors que les habitants sont montés à l'alpage pour la fête printanière.

Ce film suisse-romand fait par une éstonien vivant en France, dans lequel C.F. Ramuz joue un villageois, frappe encore aujourd'hui avec sa modernité. Le film se situe entre film muet et parlant, et n'a pas perdu la force du montage du muet, mis en musique magnifiquement par Honegger. On se souviendra toujours de la tempête de nuit qui ménage le village après que la mère de Firmin lui demande de choisir entre elle et l'étrangère.

RAMUZ, PASSAGE D'UN POETE



Dans le livre de C.F. Ramuz, le passage d'un vannier, figure du poète, a pour effet de rassembler les hommes en faisant naître la poésie, de les reconcilier par là avec eux-mêmes, leurs semblables et leur condition. L'évocation de Tanner et Jotterand est à la fois hommage, reconnaissance et biographie. Elle s'articule par thèmes: la terre, l'eau, la montagne, et nous restitue les paysages et les gens chers au poète. Le film témoigne, par la transposition du texte de Ramuz et par les images, des profonds bouleversements subis par les campagnes vaudoises dans les années 1950. Le glissement rapide d'une population agricole vers les secteurs secondaire et tertiaire, l'explosion des centres urbains, la perte de l'accent régional dû au développement des moyens de communication, habitent les scènes tournées dans le Lavaux avec, en arrière-fond, la réverberation du Léman.

Charles Ferdinand Ramuz



Charles Ferdinand, né le 24 septembre 1878, est le fils du commerçant Émile Ramuz et de Louise Davel, arrière-petite-nièce du Major Davel. Ses parents le baptisent ainsi en souvenir de leurs deux premiers enfants décédés : Charles et Ferdinand. Louise Ramuz Davel se demandera d'ailleurs souvent si la nature introspective et mélancolique de son troisième enfant n'est pas en rapport avec les deuils qui ont précédé sa naissance.

Charles Ferdinand a une enfance choyée et malgré plusieurs déménagements de ses parents, il reste en pension à Lausanne et y finit ses études. Il se passionne déjà pour l'écriture et cherche par tous les moyens à décrire le plus fidèlement possible tout ce qu'il ressent et observe. Il découvre parallèlement la vie paysanne, qu'il affectionne particulièrement, pendant ses vacances dans la maison familiale de Cheseaux.

Après son baccalauréat, il entreprend une licence de Lettres, qu'il obtient en 1900. Écrire devient une véritable obsession. Grâce à sa mère, qui convainc Émile, Charles Ferdinand part faire un doctorat à Paris, afin de rédiger une thèse sur Maurice de Guérin. Parti pour six mois, Ramuz y restera finalement douze ans, et sa thèse ne verra jamais le jour.

Complètement fasciné par Paris, Ramuz s'imprègne de tout ce que lui offre ce nouvel environnement.

Il modifie sa façon d'écrire et prend progressivement confiance en lui. Malgré tout, il ne parvient pas à trouver d'éditeur pour publier ses poésies. Après quelques aller et retour entre Lausanne et Paris et plusieurs remises en question, Ramuz, encouragé par son ami Alexandre Cingria, se dirige vers l'éditeur Eggimann. Celui-ci accepte de lui donner une chance: LE PETIT VILLAGE, premier livre de Charles Ferdinand Ramuz, sort en novembre 1903.

L'oeuvre du jeune écrivain est saluée comme l'aube d'une époque nouvelle des lettres romandes. Très inspiré par la musique et la peinture (Cézanne notamment), Ramuz se démarque très vite par un style qui lui est propre, à la fois réaliste et nostalgique. Encouragé par l'écrivain Edouard Rod, il obtient au cours des années suivantes un certain succès avec des ouvrages tels qu'ALINE ou LA GRANDE GUERRE DU SONDREBOND.

Chaque séjour à Paris permet à Ramuz de retrouver ses nombreux amis qui évoluent en majorité dans le milieu artistique. Entre Cingria, le poète Adrien Bovy, Alfred Jarry, le peintre René Auberjonois, André Gide ou Jean Cocteau, Ramuz accorde beaucoup d'importance à ces amitiés enrichissantes.

En 1907, il manque de peu le Prix Goncourt pour LES CIRCONSTANCES DE LA VIE. Malgré la reconnaissance de la presse française et du monde littéraire, la notoriété de Ramuz peine à atteindre le grand public : on lui reproche régulièrement ses tournures trop lourdes et ses entorses à la syntaxe.

Ramuz sera profondément bouleversé, en 1910, par la mort de son ami Edouard Rod, suivie de près par celle de son père Émile. Sa souffrance est telle qu'il peine à trouver la motivation pour continuer à écrire.

Il épouse en 1913 l'artiste-peintre neuchâteloise Cécile Cellier, rencontrée huit ans plus tôt à Paris. La même année naît leur fille Marianne et toute la famille s'installe à Cully, avant d'emménager à Lausanne. En 1915, Ramuz rencontre Igor Strawinsky, qui contribue à la libération de l'expression créatrice de l'auteur. De leur amitié naîtra, notamment, HISTOIRE DU SOLDAT (1918), sur une musique du compositeur, et les décors du peintre Auberjonois. Pendant la guerre, Ramuz continue à manifester son attachement à l'art en animant, au Conservatoire de Lausanne, une série de conférences sur LES GRANDS MOMENTS DU XIX SIECLE FRANÇAIS, où le rôle et la mission de l'artiste sont analysés en profondeur.

La carrière de l'auteur prend un nouvel essor après sa rencontre avec Henry-Louis Mermod, en 1923. Cet ami fidèle l'aide à publier et l'encourage à libérer son expression. Leur collaboration dans l'édition débute en 1926. C'est aussi grâce à Mermod que seront publiées (par la suite) les oeuvres complètes de Ramuz. La période de l'entre-deux guerres est particulièrement féconde et donne le jour à des oeuvres importantes comme LA GRANDE PEUR DANS LA MONTAGNE (1926) ou DERBORENCE (1934). Pourtant, le style ramuzien est loin de faire l'unanimité. Décrié par certains et magnifié par d'autres, le langage de Ramuz malmène la syntaxe et brutalise le rythme des phrases, ce qui choque de nombreux lecteurs et lui vaut de mauvaises critiques dans la presse. En 1926, Henri Poulaille récolte d'ailleurs un certain nombre de témoignages qui seront publiés sous le titre de POUR OU CONTRE C.F. RAMUZ dans LES CAHIERS DE LA QUINZAINE. Ramuz exprimera souvent son regret d'être mal interprété: soucieux de reproduire le langage qu'on utilise autour de lui, avec ses distorsions et ses maladresses, il fuit le plus possible la langue littéraire académique qui, selon lui, est trop parfaite pour avoir une âme. Mais ce style particulier sera fréquemment perçu comme du mauvais français. Alors qu'il peine à s'en sortir financièrement, Ramuz se voit attribuer le Prix Romand en 1930, ce qui lui permet d'acheter une vieille maison vigneronne à Pully, La Muette, où il séjournera jusqu'à la fin de sa vie. Ses journées y sont organisées de façon très régulière entre des matinées consacrées uniquement à l'écriture, et des après-midi rythmés par les nombreux visiteurs (amis ou jeunes admirateurs) qu'il accueille toujours dans son bureau.

En 1940 naît son petit-fils, Guido (dit «Monsieur Paul»), auquel Ramuz voue une affection immense. Il lui consacre d'ailleurs de nombreuses pages de son Journal et ne se remet que très difficilement du départ de Guido et de ses parents pour l'Italie. Sa santé décline sérieusement à partir de 1943, ce qui l'oblige à passer plus de temps en clinique qu'à La Muette. Ces mois d'hôpital le ruinent financièrement et il se voit confronté à la mort de plusieurs amis. Il entame la rédaction des HOMMES POSES LES UNS A COTE DES AUTRES, qu'il ne finira jamais : en mai 1947, il est transporté d'urgence en clinique pour une opération de la prostate. Il y meurt quelques jours plus tard.