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Prix: 40.00 CHF
32.05 EUR 40.96 USD
Disponible
DVD9
PAL 4:3
Région 2
Languages: English
Soustitres: Français
Monologue for TV Show
USA 1988 10'
Réalisation: Nelson Sullivan
A Visit to Christina
USA 1988 35'
Réalisation: Nelson Sullivan
Walk to the East Village
USA 1989 24'
Réalisation: Nelson Sullivan
A Bus Trip to Washington
USA 1988 35'
Réalisation: Nelson Sullivan
La bande à Nelson
CH 1990
Réalisation: Stéphane Goël, Fernand Melgar
Mots clefs
Homosexualität
Experimentalfilm
USA
Dokumentarfilm
Proposer des mots-clefs
Nelson Sullivan
Sullivan, Nelson
Nelson Sullivan, mort à New York en 1989, a toujours filmé les personnes et les événements de son entourage. Il ne fait aucun travail de montage, tenant sa caméra à bout de bras, l'objectif grand angle pointé sur lui, il déambule parmi les événements tout en les commentant. Il tourne régulièrement la caméra vers ce qu'il a choisi de nous montrer. Nelson a acquis une telle maîtrise, qu'il entraîne le spectateur dans une visite courtoise et détaillée de son quartier, de certains cafés, du Chelsea Hotel et d'autres lieux new-yorkais. Nelson est gay, il nous présente ses amis, la plupart travestis, et leur parle par caméra interposée. Ceux-ci répondent à l'objectif, avec la grâce réservée au plus charmant regard, conscients du fait que l'identité de Nelson s'est déplacée dans sa caméra.
Un phénomène sphérique
Si les images de Nelson Sullivan ne laissent pas indifférent, c'est parce que la virtuosité avec laquelle elles sont faites est frappante, et parcequ'elles développent un langage complet et original, qui ouvre peu de brèche au commentaire analytique.
Nelson est le principal sujet de ses films souvenirs, il travaille tout seul et ne fait pas de montage. Tenant sa caméra à bout de bras, le regard tourné vers son objectif grand angle, il commente les événements à travers lesquels il déambule. Il crée ainsi une sorte de larsen égocentrique entre son personnage exhibitionniste et son "bras- voyeur". Mais contrairement à certaines videos auto-portraits, Nelson, par les commentaires qu'il adresse, fait toute la place au spectateur à l'intérieur de sa petite sphère. Et si ce spectateur n'est pour Nelson que lui-même, les images sont un miroir très consenti que l'on regarde sans aucune impression d'usurpation. On découvre alors tout un petit New York, gay et insolite, on est présenté aux amis de Nelson, la plupart travestis, qui, conscients du fait que l'identité de Nelson s'est transposée dans sa caméra, répondent à l'objectif, avec la grâce réservées aux plus charmants des regards.
La performance du tourné-monté
Nous avons peu d'informations sur ce personnage dont l'intimité a pourtant été révélée par le visionnement de plusieurs heures de ses bandes. Nelson a vraisemblablement commencé jeune à filmer son quotidien, mais ce n'est qu'aux alentours de la quarantaine qu'il a adopté systématiquement le mode d'écriture décrit plus haut. A partir de là, il fait plusieurs fois allusion à l'envie de créer son "cable-tv show", impliquant la nécessité de monter ses images pour préparer de minis émissions câblées comme il en existe de toutes sortes aux USA. On ne saura jamais si son intention était réelle, toujours est-il qu'il a continué à filmer de manière à se passer de montage et qu'il n'a pas cherché à diffuser ses bandes outre le cercle de ses amis, qui se délectait de ses soirées video. Même confidentiel, il s'agit bien là d'une sorte de réseau câblé indépendant, avec ses codes, son langages et ses "privates jokes". Nous avons eu l'occasion de voir un des uniques montage que Nelson a réalisé à partir de ses images, une sorte de "pot-pourri" de ses séquences favorites. Le résultat n'est pas à la hauteur des bandes non-montées, Nelson était un homme de l'instantané, le direct aiguisait son regard et portait son quotidien au niveau de la performance.
Ses bandes ne dépassent pas l'heure et couvrent des moments de quelques heures au plus. Elles privilègient en gros deux sortes d'événements: les fêtes ou les sorties en groupe, et les promenades ou les visites en comité restreint, notamment au Chelsea Hotel chez Christina, un ami travesti dont Nelson appréciait la singularité. Par de longues prises, les bandes donnent toutes l'impression du temps réel.
Yves Kropf