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Visions du Réel

 Dieu sait quoi

Prix: 35.00 CHF
28.04 EUR 35.84 USD
Disponible

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DVD5
PAL 16:9
Région 0

Languages: Français
Soustitres: English

Dieu sait quoi
CH 2004 59'
Réalisation: Fabienne Abramovich
Caméra: Fabienne Abramovich
Son: Fabienne Abramovich
Montage: Daniel Gibel
Production: Association Metal

Mots clefs
Tanz
Gesellschaft
Gesundheit
Alter
Dokumentarfilm

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Dieu sait quoi

Fabienne Abramovich

Jean : Il paraissait bien, tout au moins. Parce que, quelque temps après, je lui ai dit au revoir, je lui ai dit à demain, mais y a pas eu de lendemain pour lui. Il est mort dans la nuit.
Henriette : Hé, dites donc !
Jean : Il avait rien.
Henriette : Ah là, là !
Jean : Oh, il avait certainement un truc mais enfin, il paraissait pas quoi.
Henriette : Non, non.
Jean : Oui, oui. Il est mort dans la nuit. Boum. Allez, il a dit au revoir M’sieurs Dames.
Henriette : Pff ! On est peu de chose sur terre.
Jean : Oh là !
Henriette : Une mouche.

"Un vieil homme à l’aspect soigné est assis sur un banc du parc parisien des Buttes-Chaumont et il fume. «Je suis parfait dans mon rôle, madame», déclame-t-il avec une feinte suffisance. Il le dit à la dame âgée à côté de lui, mais aussi aux spectateurs et à la réalisatrice Fabienne Abramovich. «Vous tournez certainement un film sur les retraités», fait remarquer la vieille dame; sur quoi le vieux monsieur demande à son tour s’il doit saisir l’allusion aux retraités comme un compliment. Les scènes qui se jouent dans les prises de vue aux cadrages précis de Fabienne Abramovich sont des bouts de conversation tragi-comiques sur l’écoulement du temps. Pendant une année, la réalisatrice a filmé aux Buttes-Chaumont ces retraités qui passent leurs journées sur les bancs du parc, par tous les temps et en toute saison. En solos, duos ou trios, les interprètes se disputent sur la différence subtile entre «vieillir» et «prendre de l’âge», diagnostiquent les déficiences dues à leur âge et s’entretiennent sur le fait qu’il n’y ait de nouveau rien de notable à voir dans le parc aujourd’hui, à part des joggeurs. A l’exception de la tentative de suicide de ce désespéré, qui voulait sauter d’un pont. «Nous l’avons ramené à la raison», raconte un retraité, «et puis bon, il paraît qu’il a changé d’idée après». Les drames qui se jouent aux Buttes-Chaumont n’ont jamais vraiment l’air dramatiques dans ...dieu sait quoi. C’est justement de cette façon tragi-comique que Fabienne Abramovich réussit à faire sentir en douceur la violence des peurs de la vieillesse."
Visions du Réel Nyon 2004

"Cabrurant à la faconde parisienne, ce documentaire tout en fragilité et en lumière d'automne évoque les étés du jadis et capte la poésie de l'instant, deux filles qui s'amusent avec des inflorescences cotonneuses, un paon qui picore, une jeune femme qui esquive gracieusement le jet d'eau, et puis les gens qui passent, un jogger, une promeneuse, un patineur, comme des ombres sur le cadran solaire de nos vies."
Antoine Duplain, L'Hebdo

Interview avec Fabienne Abramovich

Tu es danseuse et chorégraphe, comment est né ce projet de film vidéo ?
Je vis toujours des transitions assez fortes à la fin de mes spectacles chorégraphiques. Après Turbulences libre et stable, en mars 2001, j’étais dans cette phase de travail intérieur qu’accompagnait un entraînement physique quotidien dans un parc de Paris : les Buttes-Chaumont. J’étais amoureuse de ce parc et de ses habitués. C’est une bulle d’oxygène dans la ville, un lieu toujours vivant. Les gens se parlent, ils n’ont pas besoin de se connaître, c’est un lieu qui permet des échanges informels. Depuis longtemps, je désirais réaliser une création avec des personnes âgées, mais je n’aimais pas l’idée de reconstruire la vie pour la scène. C’est donc la volonté de faire ce projet qui m’a amené à réaliser un film. Plus besoin de théâtre ni de répétitions : le film vidéo était la forme appropriée à ce nouvel objet. J’ai commencé le tournage en novembre 2001 avec une petite dizaine de personnes âgées : Jean, Madeleine, Françoise, Dédé, Elise, Eugène, Albert, Colette et Marcel.

Comment as-tu fait pour t’introduire avec ta caméra dans le groupe et filmer ces personnes âgées sans qu’elles réagissent à ta présence pour « jouer » ?
Je devais être discrète, poser des questions uniquement pour relancer la dynamique lorsque je filmais une personne seule. Il fallait trouver la bonne distance et je devais laisser venir les moments de grâce, ne pas couper les prises trop tôt, avoir de la patience. Au bout d’un moment, j’ai intégré le rythme de leur phrasé, le timing musical de leurs dialogues. Je dois dire que j’ai eu beaucoup de chance de rencontrer ce groupe de personnes car non seulement ils sont charismatiques à l’image, mais ils se sont prêtés à cette aventure avec une totale confiance. Ils ont été simples, spontanés, naturels : avec ma caméra sur pied, je faisais partie du parc. Les silences, l’attente, ma présence, tout était possible. C’était très organique, car ils m’ont complètement adoptée.

Au bout d’une année, une fois les images dans la boîte, comment as-tu procédé?
Il y avait un matériel considérable : j’ai dû dérusher et trier les images. Cela m’a pris plusieurs mois. Ce matériel a ainsi été réduit de moitié. Eveline Murenbeeld a effectué le travail exigeant de préparation au montage en réalisant des copies et en répertoriant les images par genre. Grâce à cette préparation, nous avons pu travailler, le monteur Daniel Gibel et moi, sur des dialogues précisément sélectionnés. La méthode a été efficace. Pour le reste, je ressortais les plans de parc au fur et à mesure des besoins du montage.

Quels ont été tes principes de montage?
J’ai filmé avec l’intention d’imbriquer les éléments les uns avec les autres par associations d’idées et de manière poétique. D’une certaine façon, le film monté ressemble à ce que je cherchais au moment du tournage : des plans fixes, de longs dialogues. Je veux dire que les principes de montage étaient dans les rushes, les choix de départ ont dicté leur loi pour construire l’écriture du film. Nous nous sommes tenus à ces principes rudimentaires, rigoureux: il n’était pas question pour moi, de mettre deux plans là où un seul suffisait. D’où un film qui ne compte « que » 130 plans pour épouser les pensées, le rythme des conversations, cette poétique d’échanges sur un banc. Je me suis donné le droit à l’ellipse temporelle, puisque d’entrée de jeu, le spectateur connaît la situation. J’ai cherché une forme épurée en partant de l’idée que les saisons définissent la durée, puis le récit s’articule, telle une chronique, par période de temps. Il s’agissait aussi de passer d’une émotion à une autre et d’un état à l’autre. Cela dit, comme toujours, la simplicité est une gageure. Le montage s’est déroulé en quatre mois sur une période de huit mois. J’avais besoin de travailler par paliers afin de prendre de la distance, de lâcher le travail en cours et de me réapproprier le film. Je dois beaucoup à Daniel Gibel qui m’a suivie en étant toujours à l’écoute. Nos échanges ont été dynamiques, j’ai senti qu’il était engagé, qu’il aimait ce film. Yves Meylan, autre collaborateur précieux depuis 1994, a enrichi l’espace sonore, accompagné de Martin Stricker pour le mixage. Enfin, nous avons réalisé l’étalonnage du film avec Jean Reusser, dernière étape importante. Je peux dire que toute l’équipe a vraiment été sensible au projet et s’est engagée dans le travail au maximum. Ce qui est important et très précieux.

Et la vie du parc en contrepoint ?
Les images du parc, paysages ou autres types de personnages qui traversent l’écran reflètent finalement mon propre regard sur ce parc. Je ne voulais pas illustrer les dialogues. Cependant le choix des plans pour construire l’ensemble selon le mode poétique que je cherchais s’est avéré un exercice complexe.

Le film vidéo était-il simplement le meilleur moyen de réaliser ce projet là ou penses-tu qu’il pourrait devenir ton mode d’expression artistique premier ?
La vidéo était effectivement le media approprié pour mon projet. Par ailleurs, je me sens extrêmement bien derrière l’objectif. J’adore cette place. J’ai découvert une liberté immense en prenant une caméra. Immense. Du point de vue du temps, de l’espace, du regard. J’aime tellement regarder et écouter. Je crois que c’est tout ce dont je suis chargée, en tant que chorégraphe, qui a profité de cette liberté. C’était un vrai plaisir de travailler différemment, je comprenais aussi que la danse, la chorégraphie m’avaient donné beaucoup. J’avais confiance. J’ai l’impression que c’est quarante ans de désir de danse qui engendre ce saut : réaliser un film et en avoir pris le risque pleinement. C’était vital.

Fabienne Abramovich

Née en 1959 à Paris, France. Nationalité suisse. Gymnaste et judokate, ensuite orientation danse contemporaine. Suit de nombreux enseignements en Europe et USA. Depuis 1980 vit à Genève. A produit une quinzaine de spectacles choréographiques. 1991 Collaboration étroite avec Harold Vasselin sur un film de danse.

2008 LIENS DE SANG
2004 DIEU SAIT QUOI

Internet

EAN 7640139363046
ISAN 0000-0000-D754-0000-J-0000-0000-H
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