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Tribune de Genève: Nicolas Bideau arrête son cinéma pour la diplomatie
On n’a pas fini d’entendre parler de Nicolas Bideau qui quittera, fin 2010, le rôle de grand manitou du grand écran national pour promouvoir, comme directeur de Présence Suisse, notre pays à l’étranger. Une question d’image, toujours! A l’heure de tirer, avec et sans lui, le bilan de ces cinq années à la tête de la section cinéma de l’Office fédéral de la culture (OFC), l’homme divise toujours autant sur sa principale réforme: lier le subventionnement d’une œuvre à son potentiel de succès.?
On trouvera par exemple, via l’ATS, les gros bémols d’un Lionel Baier (dont Un autre homme a été recalé à l’époque par l’OFC): «Quand il a pris son poste, il ne jurait que par les chiffres. Or, quand il est arrivé, la part de marché du cinéma suisse était de 11%. Elle est maintenant de 3%.» Nicolas Bideau, lui, revendique «des commissions plus professionnelles, des modèles de coproduction internationales comme Home d’Ursula Meier, plus de films de genre et grand public et davantage de sélections suisses dans de gros festivals comme Cannes ou Berlin».
Au bout du fil, il y a aussi des louanges. Celles du réalisateur de LA FORTERESSE, Fernand Melgar: «Aujourd’hui, je suis triste. La diplomatie suisse gagne ce que le cinéma de notre pays perd: un passionné qui a secoué le cocotier dans une branche endormie.»
Les divisions, Nicolas Bideau les assume: «J’espère que les réformes en cours ne seront pas étouffées par les conservateurs. Ma surexposition a créé des jalousies. Mais j’ai remis le public au centre du dispositif. Le cinéma suisse est redevenu un objet de société. L’Etat paie. Il doit avoir son mot à dire.»
Ivo Kummer, le directeur des Journées de Soleure, tempère: «Avant Bideau, c’est vrai, la branche faisait tout dans le plus grand secret. Mais cette politique de communication agressive ne s’est jamais arrêtée. Au détriment des créateurs suisses et de leur diversité linguistique et culturelle. Bideau voulait des locomotives pour servir sa communication. C’est un échec. La famille du cinéma suisse ne doit pas être au service du chef de la section cinéma.»
Le producteur Robert Boner faisait, lui, partie de ceux qui avaient déposé une plainte, déboutée en première instance, contre Monsieur Cinéma : «La branche a besoin de la Confédération. Et à sa tête, de quelqu’un qui a le sens de l’Etat et du service public, qui saura construire un consensus – et non pas un compromis – entre les différents acteurs.» http://www.tdg.ch
2010-05-08 Permalink Tweet Recommander

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